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Prophétie

Le siège et la famine extrême : « tu mangeras la chair de tes fils » (Deutéronome 28:49-57)

Le siège et la destruction de Jérusalem par Titus en 70, vision d'artiste de David Roberts (1850) : vue lointaine de la ville assiégée.
Vision d’artiste Le siège et la destruction de Jérusalem par Titus en 70, vision d'artiste de David Roberts (1850) : vue lointaine de la ville assiégée. — David Roberts, Wikimedia Commons · Domaine public

● Écrit avant, selon les historiens

Écrit vers 1406 av. J.-C. (discours de Moïse, chronologie traditionnelle haute) selon la tradition ; noyau josianique (vers 622), compléments exiliques au VIe s. av. J.-C. selon les historiens. Événement : Jérusalem en 587/586 av. J.-C. (Lm 4:10), puis en 70 apr. J.-C. (Josèphe).

Voir cette fiche en entier : sources, objections, réponses

En bref

L’annonce. Dans le livre du Deutéronome, attribué à Moïse vers 1400 av. J.-C. par la tradition et daté par les historiens vers 622 av. J.-C. avec des ajouts au VIe siècle, Dieu menace Israël d'une nation lointaine qui l'assiégera jusqu'à ce que les habitants mangent leurs propres enfants.

Ce qui s’est passé. En 587-586 av. J.-C., pendant le siège de Jérusalem par Babylone, le livre des Lamentations rapporte que des mères firent cuire leurs enfants. En 70 apr. J.-C., pendant le siège romain, l'historien Josèphe raconte qu'une femme riche tua, fit rôtir et mangea en partie son nourrisson, puis cacha le reste, comme le décrit le texte.

Ce qui reste discuté. cette malédiction reprend une formule connue des traités de l'époque, et le cannibalisme était une issue tragique fréquente des longs sièges, si bien que rien ne la rattache à un siège en particulier.

Pourquoi c’est frappant

Les historiens datent ce texte du VIe siècle av. J.-C. au plus tard, bien avant 70, et Josèphe n’écrivait pas pour défendre une prophétie. Mais ces horreurs revenaient dans les longs sièges antiques, et un traité assyrien en menaçait déjà ses vassaux.

Principale objection

La malédiction appartient à un genre connu : le traité de succession d’Assarhaddon (672 av. J.-C.) menace déjà le vassal parjure de « manger dans sa faim la chair de ses frères, de ses fils et de ses filles ». Dt 28 reprend une formule de malédiction de traité ; il ne décrit pas un événement unique.

Le texte (Louis Segond 1910)

L’Éternel fera partir de loin, des extrémités de la terre, une nation qui fondra sur toi d’un vol d’aigle, une nation dont tu n’entendras point la langue, une nation au visage farouche, et qui n’aura ni respect pour le vieillard ni pitié pour l’enfant. Elle mangera le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, jusqu’à ce que tu sois détruit; elle ne te laissera ni blé, ni moût, ni huile, ni portées de ton gros et de ton menu bétail, jusqu’à ce qu’elle t’ait fait périr. Elle t’assiégera dans toutes tes portes, jusqu’à ce que tes murailles tombent, ces hautes et fortes murailles sur lesquelles tu auras placé ta confiance dans toute l’étendue de ton pays; elle t’assiégera dans toutes tes…

Dt 28:49-52

Au milieu de l’angoisse et de la détresse où te réduira ton ennemi, tu mangeras le fruit de tes entrailles, la chair de tes fils et de tes filles que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donnés. L’homme d’entre vous le plus délicat et le plus habitué à la mollesse aura un œil sans pitié pour son frère, pour la femme qui repose sur son sein, pour ceux de ses enfants qu’il a épargnés; il ne donnera à aucun d’eux de la chair de ses enfants dont il fait sa nourriture, parce qu’il ne lui reste plus rien au milieu de l’angoisse et de la détresse où te réduira ton ennemi dans toutes tes portes. La femme d’entre vous la plus délicate et la plus habituée à la mollesse, qui par mollesse et par délicatesse n…

Dt 28:53-57

Sources