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Prophétie

« Je donnerai aux peuples des lèvres pures » et la renaissance de l’hébreu parlé (Sophonie 3:9)

Eliezer Ben-Yehuda en 1905, artisan de la renaissance de l'hébreu parlé : photo de l'événement auquel certains lecteurs rattachent ce texte.
Photo de l’événement Eliezer Ben-Yehuda en 1905, artisan de la renaissance de l'hébreu parlé : photo de l'événement auquel certains lecteurs rattachent ce texte. — Photographes du Fonds national juif (KKL-JNF), Wikimedia Commons · Domaine public

● Écrit avant, selon les historiens

Écrit Sophonie, sous Josias (640–609 av. J.-C.) selon la tradition ; noyau sous Josias ; So 3:9-20 souvent attribué à une rédaction exilique ou postexilique selon les historiens. Événement : de l’installation d’Eliezer Ben-Yehuda à Jérusalem (1881) à l’hébreu langue officielle du Mandat (1922).

Voir cette fiche en entier : sources, objections, réponses

En bref

L’annonce. Le prophète Sophonie, sous le roi Josias (640-609 av. J.-C.), annonce dans le livre de Sophonie que Dieu donnera aux peuples « des lèvres pures » pour qu'ils l'invoquent tous ensemble.

Ce qui s’est passé. À partir de 1881, l'hébreu, qui n'avait plus de locuteurs natifs depuis l'Antiquité, redevient une langue parlée en Palestine, autour d'Eliezer Ben-Yehuda et des écoles des colonies juives. En 1922, il devient l'une des trois langues officielles de la Palestine sous mandat britannique. Mais le verset parle des « peuples », et les nations ne se sont pas mises à parler hébreu.

Ce qui reste discuté. « lèvres pures » désigne d'abord une parole débarrassée du culte des autres dieux, et le texte ne dit rien d'une langue que les Juifs recommenceraient à parler.

Pourquoi c’est frappant

Un tel retour d’une langue à l’usage quotidien est presque unique. Le lien avec Sophonie 3:9, qui promet aux « peuples » des « lèvres pures », est un rapprochement proposé par certains lecteurs, dès ibn Ezra au Moyen Âge ; le verset parle pourtant des nations.

Principale objection

Lecture forcée : le verset parle des « peuples » (ʿammîm), c’est-à-dire des nations, qui invoqueront le nom de l’Éternel ; il ne dit rien d’une langue que les Juifs recommenceraient à parler.

Le texte (Louis Segond 1910)

Alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, Afin qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel, Pour le servir d’un commun accord. D’au-delà des fleuves de l’Éthiopie Mes adorateurs, mes dispersés, m’apporteront des offrandes.

So 3:9-10

Sources