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Prophétie

Châtié mais non anéanti : la survie du peuple dispersé (Lévitique 26:44, Jérémie 30:11 et 31:35-37)

Juifs en prière à la synagogue le jour de Kippour, vision d'artiste de Maurycy Gottlieb (1878) : un peuple dispersé qui garde sa prière et son identité.
Vision d’artiste Juifs en prière à la synagogue le jour de Kippour, vision d'artiste de Maurycy Gottlieb (1878) : un peuple dispersé qui garde sa prière et son identité. — Maurycy Gottlieb, Wikimedia Commons · Domaine public

◐ Écrit peu avant ou au moment des faits : on ne peut pas trancher

Écrit Lévitique : Moïse (vers 1406 av. J.-C.) ; Jérémie : 627–580 av. J.-C. selon la tradition ; Lv 26 (Code de sainteté) exilique ou postexilique ; Jr 30–31 (« livre de la consolation ») avec rédaction exilique selon les historiens. Événement : de l’exil babylonien (586 av. J.-C.) à 2024.

Voir cette fiche en entier : sources, objections, réponses

En bref

L’annonce. Dans le livre du Lévitique, attribué à Moïse, et dans celui du prophète Jérémie (vers 627-580 av. J.-C.), Dieu promet que son peuple, même puni et dispersé, ne sera jamais anéanti, aussi sûrement que le soleil et la lune continuent d'éclairer.

Ce qui s’est passé. C'est une promesse sans date limite, qui court toujours. Après avoir perdu son État en 586 av. J.-C., puis Jérusalem après 70 et 135, le peuple juif est resté identifiable dans la dispersion et compte environ 15,7 millions de personnes en 2024, alors que l'Assyrie et Babylone ont disparu. En revanche, d'autres nations de la dispersion que Jérémie annonce anéanties, comme l'Égypte ou la Perse, existent toujours.

Ce qui reste discuté. une promesse sans échéance ni critère ne peut être ni vérifiée ni démentie, elle est seulement compatible avec la survie du peuple.

Ce qui serait frappant si le texte date d’avant

Les petits peuples voisins, Philistins, Moabites ou Édomites, ont disparu ; Israël non. Y voir un accomplissement reste un rapprochement proposé par certains lecteurs : la date des textes est discutée, la promesse n’a pas d’échéance, et d’autres peuples dispersés ont survécu.

Principale objection

La promesse n’a pas de terme : tant que le peuple subsiste, elle n’est ni accomplie ni démentie. Une affirmation qui ne peut échouer à aucune date donnée n’est pas une prédiction testable.

Le texte (Louis Segond 1910)

Mais, lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis, je ne les rejetterai pourtant point, et je ne les aurai point en horreur jusqu’à les exterminer, jusqu’à rompre mon alliance avec eux; car je suis l’Éternel, leur Dieu.

Lv 26:44

Car je suis avec toi, dit l’Éternel, pour te délivrer; J’anéantirai toutes les nations parmi lesquelles je t’ai dispersé, Mais toi, je ne t’anéantirai pas; Je te châtierai avec équité, Je ne puis pas te laisser impuni.

Jr 30:11

Ainsi parle l’Éternel, qui a fait le soleil pour éclairer le jour, Qui a destiné la lune et les étoiles à éclairer la nuit, Qui soulève la mer et fait mugir ses flots, Lui dont le nom est l’Éternel des armées: Si ces lois viennent à cesser devant moi, dit l’Éternel, La race d’Israël aussi cessera pour toujours d’être une nation devant moi. Ainsi parle l’Éternel: Si les cieux en haut peuvent être mesurés, Si les fondements de la terre en bas peuvent être sondés, Alors je rejetterai toute la race d’Israël, A cause de tout ce qu’ils ont fait, dit l’Éternel.

Jr 31:35-37

Sources